• classe de pandore



    (planisphère dessiné par Mercator il y a bien longtemps)


    Attachez vos ceintures : nous allons survoler l'Afghanistan, l'Albanie, la Belgique (moi, pardi !), le Brésil, la Bulgarie, la Colombie, le Congo, l'Iraq, le Kosovo, le Maroc, le Nigeria, le Pakistan, la Palestine, la Roumanie, le Rwanda, la Serbie, la Turquie, ...
    Personne n'est oublié ?


    De fait, en Français Langue Etrangère, la diversité des pays d'origine dans les groupes impressionne.
    Entre 15 et 20 pays en moyenne pour une cinquantaine de participants.

    Comme je le leur rappelle souvent, rarement sont attablés ensemble autant de représentants du monde...
    ... si ce n'est à l'ONU !

     
    C'est bien évidemment une richesse pluriculturelle extraordinaire, sans compter le trésor linguistique à partager, dont il serait vraiment dommage de faire l'économie !

    Pourtant, du coup, dans la plupart des groupes, les incompréhensions « culturelles » (par ailleurs, souvent réciproques !) effritent fréquemment la « communication ». Les « classes » représentent en effet un bouillon de « cultures » d'une telle
    complexité que le/la formateur/trice a bien souvent difficile à gérer son groupe.

    Il faut savoir que certaines communautés
    s'y croisent pour la première fois et se rendre compte que, au moins les cultures sont plurielles, au plus les préjugés et les a-prioris y sont tenaces.  

    Par exemple, le monde musulman est totalement inconnu des populations d'Amérique du Sud, tandis que certains pays de l'Est n'ont jamais côtoyé des personnes d'origine d'Afrique Noire. Leur premier contact est bien souvent une cohabitation « forcée » dans les quartiers populaires de leur ville d'accueil (Ici, Bruxelles en l'occurence !).
    Par exemple encore, entre autre vu l'émiettement du bloc communiste, nombre de nouvelles origines surgissent, étonnantes parfois même pour le formateur (comme la Serbie, la Tchétchénie, ... le Cachemire, le Kosovo, ainsi qu'une poignée de pays dont le nom se termine en « stan »).
    Par exemple enfin, arriver dans une ville européenne, et peu après dans une "école" de français, cela représente un réel « atterrissage sur une autre planète » pour certains primo-arrivants issus de régions rurales et pauvres du Monde. 

    Pour toutes et tous, l'objectif est d'apprendre l'une des langues du pays d'accueil mais, pour ce faire et ceci est l'enjeu du/de la formateur/trice, encore s'agit-il de vivre ensemble, ne sera
    it-ce que pendant les heures des « cours ».

    A lui de viser un objectif rassembleur et solidarisant qui cible l'apprentissage de la langue, et, partant, pousse parallèlement à la découverte de la « belgitude » de leur pays d'accueil.

    Ce qui n'empêchera pas l'incompréhension entre les participants, les exemples en sont légions.
    Ainsi, les pressions, souffrances et douleurs subies dans leur propre histoire par des Albanais ou des Irakiens peuvent rester lettre morte pour des migrants économiques en provenance du Maroc ; ainsi, certains Nigérians ou Tchétchènes catholiques ne voient pas l'Islam d'un très bon oeil lorsqu'ils font référence à leur passé ; ainsi, un réfugié politique ne conçoit pas facilement qu'une personne issue d'un pays pauvre mais tranquille a un jour voulu émigrer ; etc.

    Afin d'atténuer cette « friture interculturelle sur la ligne », pendant les "cours", il est nécessaire d'ouvrir chacun/e à la connaissance et à la compréhension du contexte d'origine de chacun. Aborder le paysage (au minimum géographique, politique et économique) de l'autre ne peut donc que faciliter et enrichir la communication, voire faire surgir des débats qui adoucissent bien des fois les conflits.
    Il n'empêche que, à moins d'être sûr de sa maîtrise, le/la formatrice/teur a tout intérêt à zapper par exemple la question du Saraoui s'il y a des Algériens et Marocains dans le groupe, ou encore à éviter les thèmes religieux, voire les politiques de pays en conflits,  bref, il lui est conseillé de repérer rapidement les sensibilités et susceptibilités de chacun/e.

    Sinon, il ne lui reste plus qu'à tenter de désamorcer les conflits : pour ma part, j'utilise souvent les comparaisons avec la Belgique ou moi-même. Le Saraoui ? Les Fourons... Les religions ? Je suis Bouddhiste. Le rif ? Mon rif, c'est la Wallonie. Aussi osées qu'elles paraissent, ces analogies sont efficaces et apaisent les tensions tout en introduisant ma thématique de Belgitude !

    Enfin, si rien ne marche, il nous reste encore l'humour comme ultime atout.

    Mais encore s'agit-il d'avoir l'esprit de répartie !

     

    Bernic


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