• Dès les premières heures de rencontre,
    nous relevons ensemble l'identité (nom, prénom, situation familiale, la date d'arrivée en Belgique, la profession, etc.) et l'origine de chacun/e ainsi que le nombre de langues connues (orales et écrites), ce qui est une façon non seulement d'ouvrir le panel multiculturel du groupe, mais encore de pointer les langues secondes ou troisièmes communes éventuelles (l'anglais revient souvent).

    Rien de bien (point BABEL) neuf donc.

    Mais, comme ma mémoire est défaillante vu mon grand âge, de façon à ce que tout un chacun/e mémorise le prénom de ses pairs,
    une feuille A4 est ensuite pliée en 2 dans le sens de la largeur, puis encore en 2 (toujours dans la largeur) et placée devant chaque participant/e avec d'un côté le prénom inscrit en caractères imprimés et de l'autre le pays d'origine.
    Ces cartons resteront en permanence tout au long de l'année.



    Vous n'avez pas compris ? Je rebobine à l'envers.
    Donc... Devant chaque participant se trouve une feuille pliée en 4 (dans le sens de la largeur, afin de la stabiliser sur la table). D'un côté, face à toutes et tous, est inscrit le nom en lettres capitales et les pays d'origine correspondants de l'autre. Jour après jour, la mémorisation s'opère ainsi naturellement pour chacun/e d'entre nous. 


    A chaque début de « cours », en guise de test, c'est l'un des participants, spontané ou choisi au hasard, qui se chargera de les distribuer. 

    Cela facilite également l' « intégration » en cours d'année de nouveaux venus dans le groupe, qui peuvent ainsi repérer rapidement les « anciens » pouvant éventuellement les « coacher » dans leur propre langue, si ce n'est l'inverse !

    De plus, la pile de cartons sera en quelque sorte un « historique » des présences, des absences et désistements au sein du groupe.

    Sympathique, non ?



    Bernic.

    P.S. Deux manières d'expliquer et deux photos.
    Pédagogiquement, vous êtes gâtés, n'est-ce pas ? ;-)



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  • (planisphère dessiné par Mercator il y a bien longtemps)


    Attachez vos ceintures : nous allons survoler l'Afghanistan, l'Albanie, la Belgique (moi, pardi !), le Brésil, la Bulgarie, la Colombie, le Congo, l'Iraq, le Kosovo, le Maroc, le Nigeria, le Pakistan, la Palestine, la Roumanie, le Rwanda, la Serbie, la Turquie, ...
    Personne n'est oublié ?


    De fait, en Français Langue Etrangère, la diversité des pays d'origine dans les groupes impressionne.
    Entre 15 et 20 pays en moyenne pour une cinquantaine de participants.

    Comme je le leur rappelle souvent, rarement sont attablés ensemble autant de représentants du monde...
    ... si ce n'est à l'ONU !

     
    C'est bien évidemment une richesse pluriculturelle extraordinaire, sans compter le trésor linguistique à partager, dont il serait vraiment dommage de faire l'économie !

    Pourtant, du coup, dans la plupart des groupes, les incompréhensions « culturelles » (par ailleurs, souvent réciproques !) effritent fréquemment la « communication ». Les « classes » représentent en effet un bouillon de « cultures » d'une telle
    complexité que le/la formateur/trice a bien souvent difficile à gérer son groupe.

    Il faut savoir que certaines communautés
    s'y croisent pour la première fois et se rendre compte que, au moins les cultures sont plurielles, au plus les préjugés et les a-prioris y sont tenaces.  

    Par exemple, le monde musulman est totalement inconnu des populations d'Amérique du Sud, tandis que certains pays de l'Est n'ont jamais côtoyé des personnes d'origine d'Afrique Noire. Leur premier contact est bien souvent une cohabitation « forcée » dans les quartiers populaires de leur ville d'accueil (Ici, Bruxelles en l'occurence !).
    Par exemple encore, entre autre vu l'émiettement du bloc communiste, nombre de nouvelles origines surgissent, étonnantes parfois même pour le formateur (comme la Serbie, la Tchétchénie, ... le Cachemire, le Kosovo, ainsi qu'une poignée de pays dont le nom se termine en « stan »).
    Par exemple enfin, arriver dans une ville européenne, et peu après dans une "école" de français, cela représente un réel « atterrissage sur une autre planète » pour certains primo-arrivants issus de régions rurales et pauvres du Monde. 

    Pour toutes et tous, l'objectif est d'apprendre l'une des langues du pays d'accueil mais, pour ce faire et ceci est l'enjeu du/de la formateur/trice, encore s'agit-il de vivre ensemble, ne sera
    it-ce que pendant les heures des « cours ».

    A lui de viser un objectif rassembleur et solidarisant qui cible l'apprentissage de la langue, et, partant, pousse parallèlement à la découverte de la « belgitude » de leur pays d'accueil.

    Ce qui n'empêchera pas l'incompréhension entre les participants, les exemples en sont légions.
    Ainsi, les pressions, souffrances et douleurs subies dans leur propre histoire par des Albanais ou des Irakiens peuvent rester lettre morte pour des migrants économiques en provenance du Maroc ; ainsi, certains Nigérians ou Tchétchènes catholiques ne voient pas l'Islam d'un très bon oeil lorsqu'ils font référence à leur passé ; ainsi, un réfugié politique ne conçoit pas facilement qu'une personne issue d'un pays pauvre mais tranquille a un jour voulu émigrer ; etc.

    Afin d'atténuer cette « friture interculturelle sur la ligne », pendant les "cours", il est nécessaire d'ouvrir chacun/e à la connaissance et à la compréhension du contexte d'origine de chacun. Aborder le paysage (au minimum géographique, politique et économique) de l'autre ne peut donc que faciliter et enrichir la communication, voire faire surgir des débats qui adoucissent bien des fois les conflits.
    Il n'empêche que, à moins d'être sûr de sa maîtrise, le/la formatrice/teur a tout intérêt à zapper par exemple la question du Saraoui s'il y a des Algériens et Marocains dans le groupe, ou encore à éviter les thèmes religieux, voire les politiques de pays en conflits,  bref, il lui est conseillé de repérer rapidement les sensibilités et susceptibilités de chacun/e.

    Sinon, il ne lui reste plus qu'à tenter de désamorcer les conflits : pour ma part, j'utilise souvent les comparaisons avec la Belgique ou moi-même. Le Saraoui ? Les Fourons... Les religions ? Je suis Bouddhiste. Le rif ? Mon rif, c'est la Wallonie. Aussi osées qu'elles paraissent, ces analogies sont efficaces et apaisent les tensions tout en introduisant ma thématique de Belgitude !

    Enfin, si rien ne marche, il nous reste encore l'humour comme ultime atout.

    Mais encore s'agit-il d'avoir l'esprit de répartie !

     

    Bernic


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  •  

    Un jour, Nasreddine (oui, lui encore !)
    est inv
    ité par un grand professeur de l'université,
    san
    s doute pour illustrer un cours de bon sens
    mais sans doute aussi pour rire un bon coup.
    « Que voulez-vous que je vous apprenne ? » 
    sont les premiers mots de Nasreddine en montant sur la chaire.
    « Tout ! », crient les étudiants d'une seule voix.
    « Désolé ! Je n'ai rien à apprendre à des ignorants ! »,
    répond notre héros sans en dire davantage.
    Et il descend de l'estrade.

    Mais le cours n'est de toute évidence pas terminé
    et le professeur le presse de revenir sur le champ.

    Conciliant, Nasreddine vient donc reposer sa question.
    « Alors, dites-moi ce que vous voulez que je vous apprenne... ».
    « Rien ! », hurlent les étudiants, goguenards.
    Nasreddine, après un long silence, hausse les épaules.
    « Que voulez-vous qu'on apprenne à des gens qui savent tout  ?»,
    dit-il enfin, en faisant mine de quitter la salle.

    Mais, jamais deux sans trois, le professeur
    le repousse d'un bras ferme au devant de la scène.

    Nasreddine croise les bras sur sa poitrine
    et scrute longuement le visage de chacun
    des trois ou quatre cents sourires moqueurs
    qui brillent devant lui comme des crocs.
    « Vous n'avez peut-être pas bien entendu ma question ! » crie-t-il finalement.
    « Je vous demandais ce que vous désirez apprendre aujourd'hui ! ».
    « Tout !» affirment les uns en forçant un clin d'oeil
    et « Rien ! » affirme l'autre moitié, hilare.

    Nasreddine soupire et décroise les bras :
    « Mes amis, alors, tout est simple :
    que ceux qui savent apprennent à ceux qui ne savent pas ! ».


     

     

    Chacun(e), nous avons , vécu des expériences, acquit des compétences, engrangé des savoirs de tout ordre.

    Echanger les savoirs
    , c'e
     st partager les compétences, c'est multiplier le savoir-faire, le savoir-être du groupe.

    Echanger nos savoirs, c'est ajouter une valeur à notre communication de groupe.

    Echanger nos savoirs, c'est étendre le champ des possibles du groupe.

    La preuve ?

    L'auto-correction orthographique individuelle, comparée à l'auto-correction orthographique effectuée en groupe, représente en général un rapport de 5/10 à 8/10.

    La preuve ?

    Dans l'apprentissage de l'informatique, seuls ou en duos devant l'ordinateur, les participants peuvent interagir librement ... et que le formateur  aille donc se prendre une bonne tasse de café : il n'est plus indispensable.
    Du statut de professeur, il passe instantément au statut de personne-ressouce du groupe, à même titre que chacun des personnes en présence..



    (à suivre)

    Bernic.


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  • Puveoz-vuos lrie ccei ?

    Seleuemnt 55 porsnenes sur cnet en snot cpalabes.

    C’set le povuoir phoémanénl du crveeau huamin.

    Soeln une rcheerche fiate à l'Unievristé de Cmabridge, il  n'y a pas d'iromtpance sur l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la suele cohse imotprante est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à la bnone palce.

    La raoisn est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos letrte par letrte mias ptuôlt cmome un tuot.


    Étonannt, n'est-ce pas? Si vuos pvueoz lrie ccei, vuos aevz asusi un dôrle de cvreeau. Mio, je n'en cyoaris pas mes yuex que je sios cabaple de cdrpormendre ce que je liasis.


    Comme quoi, la méthode de lecture globale a encore de beaux jours devant elle.


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  • "La Belgique n'est plus ce qu'elle était...
    La scission du pays a rendu la situation invivable
    et tu décides de tenter ta chance à l'étranger.
    Là-bas, tu ne seras plus qu'un immigré !"

    CLIC sur image pour une simulation.


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